Ben : l'artiste (celui qui fait des phrases blanches sur fond noir)
BEN, UN HOMME EN COLERE
L’artiste Ben était l’invité des élèves journalistes de l’école Nouvelles de Nice lors d’une conférence de presse tenue le 19 novembre. 2 heures de débat haut en couleurs.
« Les journalistes sont tous des menteurs et des manipulateurs ». C’est par cette phrase que Benjamin Vautier, dit « Ben », a effectué son entrée, pour le moins fracassante, devant les élèves journalistes de l’école Nouvelles de Nice. Et la profession de journaliste n’est pas le seul motif de ses colères.
« La culture manipule »
Ben est un artiste. Il vit par et pour la culture. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un œil critique sur le sujet : « la culture manipule et est pédante ». Il emprunte même une phrase à Pierre Bourdieu, pour appuyer son propos : « elle impressionne les pauvres. ». Principale raison de sa colère ? L’égo des artistes, thème principal de son exposition « Tout est ego » à Bergame, en Italie, en octobre dernier. Il n’oublie pas de s’inclure dans le lot, en tant qu’artiste, il se considère comme : « une pute ». La faute à la société de consommation qui oblige les artistes à « tapiner » pour vendre leurs œuvres.
Il reconnait tout de même une qualité à l’égo : « il (l’égo) fait progresser l’art : chaque artiste veut être meilleur que le précédent, est obligé d’inventer quelque chose de nouveau et fait ainsi progresser l’art. La jalousie est le moteur de tous les artistes. ».
Les femmes, le whisky, le sexe et autres considérations…
Beaucoup de choses trouvent heureusement grâce aux yeux de ce « narcissique-égocentrique-divertisseur ». En haut de sa liste, on trouve les plaisirs terrestres : les femmes, le whisky et le sexe. S’ajoutent ensuite la recherche de la vérité, la politique internationale, le journalisme et surtout l’espèce humaine : « malgré tous ses défauts, l’espèce humaine est fascinante par sa diversité, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. ».
Cet artiste engagé (il se définit lui-même comme : « un gaulliste de gauche »), cet homme en colère contre son époque, pétri de contradictions, ne laisse pas indifférent. On l’aime ou on le déteste. Une chose est sûre : tous les élèves présents ce lundi soir s’en souviendront longtemps.
Tiben

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