jeudi, avril 26

LE VENT NOUVEAU DE 2007

L'élection présidentielle de 2007 sera à marquer d'une pierre blanche à de nombreux égards. Renouvellement sans précédent du personnel politique, évocation de l'avènement d'une VIe République, pic historique (85%) de la participation au premier tour. Comme le dit François Bayrou : "La vie politique ne sera plus jamais la même!"

L'élection présidentielle de 2007 marque un nouveau tournant dans la vie politique française. Tous les repères établis depuis 1958 ont changé : record de participation au premier tour, projets de VIe République, retraite politique de certaines figures historiques... Autant de boulversements qui marquent l'avènement d'une nouvelle donne politique en France.

De nouveaux électeurs qui s'expriment

De mémoire d'homme politique, on avait jamais vu ça! 1,8 million de nouveaux inscrits sur les listes électorales, 85% de participation au premier tour ce qui s'est traduit par des files d'attente interminables devant les isoloirs, les électeurs étaient bien décidés à reprendre la vie politique en main après le choc du 21 avril 2002. Et ce ne sont pas les "couacs" des machines de vote électronique, qui les ont dissuadés d'exprimer leurs avis. La démocratie a manifestement repris des couleurs le 22 avril dernier.

De nouvelles têtes pour l'exécutif

Les Français ont sans doute été encouragés à voter par un renouvellement du personnel politique sans précedent. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, les deux finalistes, se présentent pour la première fois à une élection présidentielle. Mais ils ne sont pas les seuls. Au total, 6 candidats sur les 12 prétendants du premier tour sollicitaient pour la première fois les suffrages pour accéder à la fonction suprême. Dans le même temps, Arlette Laguiller et Jean-Marie Le Pen ont déclaré qu'ils livraient leurs dernières batailles en 2007. Avant eux, Jacques Chirac et Edouard Balladur avaient annoncé qu'ils se retiraient de la vie politique.

De nouveaux projets : vers une VIe République?

Il n'y a pas que les têtes qui changent. Les discours et les projets des candidats ont également évolués. Au-delà de l'affrontement droite-gauche du second tour, une nouvelle force est apparue : le centre. Et si le vrai vainqueur du premier tour c'était François Bayrou? Le chef du parti centriste, avec son projet de gouvernement d'union nationale et son discours anti-système a réussi à réunir 18,5% des suffrages exprimés sur son nom. Et les "avances" dont il fait l'objet de la part de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal avant le deuxième tour, laissent augurer un bel avenir pour son futur parti démocrate.

Les rapports de forces ont changé, le bipartisme français n'est plus aussi tranché. La VIe République est déjà en route, même sans être officiellement décrétée. Les législatives qui s'annoncent après le 6 mai, risquent elles aussi d'apporter leur lot de surprises. Aux hommes (et femmes) politiques de continuer à faire souffler un vent nouveau pour la politique, pour ne pas que les attentes et la confiance des électeurs se retouvent , une fois de plus, déçues . Ou la vie politique française pourrait retomber rapidement dans la pétole!

Les exemples européens de coalitions :
Ségolène Royal tente par tous les moyens de rassembler l'électorat de François Bayrou sur son nom au deuxième tour. Dernière proposition en date : former un gouvernement composé de socialistes et centristes. Mais l'idée n'est pas nouvelle. En Allemagne, Angela Merkel dirige un gouvernement de coalition droite-gauche. Plus récemment, en Italie, le parti centriste a décidé de s'allier avec les socialistes.

ARLETTE LAGUILLER : LA FIN D'UNE EPOQUE

Au moment de l'annonce de sa candidature pour la présidentielle de 2007, Arlette Laguiller, 62 ans, a déclaré que ce serait sa dernière. Retour sur un mythe de la scène politique française.

"Travailleurs, Travailleuses!", bientôt vous n'entendrez plus cette célèbre phrase en campagne électorale. La passionaria de l'extrême gauche française se retire de l'arène en mai 2007. Et pour ce baroud d'honneur, la recordwoman des candidatures, avec pas moins de six campagnes au compteur, a un discours bien rôdé.

Refaire une dernière fois le monde

A l'instar de l'ancien Premier Ministre, Edouard Balladur, Arlette Laguiller a décidé de laisser la place aux jeunes. Mais avant, elle compte bien haranguer les foules une dernière fois. Et pour ce faire, elle dispose d'arguments indémodables pour la défense des travailleurs contre la mondialisation et l'épouvantail du "grand capital". Des idées qu'elle prône depuis son entrée en politique avec force et fidélité. Si on ne doit retenir qu'une sule qualité chez ce pilier du paysage politique français de la Ve République, c'est bien celle-ci : ne pas avoir varié d'un iota sur les positions qu'elle défend.

Une carrière politique sans tâches... ou presque

Seules ombres au tableau : les accusations portées contre son mouvement, Lutte Ouvrière. Quelques voix discordantes se sont élevées, il y a quelques années, contre la "sectarisation" de L.O. Ses déctracteurs ajouteront sans doute, son refus d'appeler à voter Jacques Chirac, face à Jean-Marie Le Pen, en 2002. Des accusations balayées avec véhémence et conviction, comme toujours.

Et maintenant que va-t-on faire ?

Le nom d'Olivier Besancenot avait été évoqué en raison de ses ressemblances avec Madame Laguiller. Il appartient au même courant politique, et est suffisamment jeune pour prétendre à la succession. Mais le différend idéologique qui les a opposés pendant la campagne de 2002, et les candidatures séparés qu'ils ont annoncé en 2007 auront eu raison de cette piste. On le sait désormais, c'est une jeune femme qui la remplacera. Elle l'a annoncé elle-même avant les résultats du premier tour, sans pour autant préciser son identité. Nul doute que même après son retrait de la vie politique, l'ombre d'Arlette planera encore longtemps sur Lutte Ouvrière...

Arlette Laguiller : Grandeurs et Décadences...

Arlette Laguiller aura connu des fortunes diverses lors de ses six candidatures. Rappel de ses scores aux élections présidentielles :

1974 : 2,33%
1981 : 2,30%
1988 : 1,99%
1995 : 5,30%
2002 : 5, 72%
2007 : 1,34%

mercredi, avril 18

COUPE DE FRANCE MARSEILLE-NANTES : BONS ET MAUVAIS GENIES

L'Olympique de Marseille disputera sa deuxième finale de Coupe de France consécutive après sa victoire au Vélodrome face au FC Nantes en demi-finales (3-0).
Un match qui illustre bien le constraste des performances des deux clubs cette saison. Retour sur une soirée riche en émotions.


Marseille la tient. Les Olympiens disputeront leur deuxième finale consécutive en Coupe de France, après celle perdue l'année dernière face au Paris Saint-Germain.
Malgré quelques errements défensifs et de longues périodes de flottement, les hommes d'Albert Emon obtiennent leur qualification et enfoncent les Nantais, lanterne rouge en championnat, un peu plus dans le doute.

Les Canaris hantés par les mauvais génies

Pourtant, la victoire a mis du temps à se dessiner. Une demi-heure exactement. 30 premières minutes pendant lesquelles les "Minots" ont subi les assauts nantais. Dès la première minute, l'attaquant nantais Mahamadou Diallo rate son duel face au portier marseillais. Carasso est encore décisif, grâce à un arrêt-réflexe sur sa ligne après une déviation de Da Rocha, suite à un centre de Savinaud, à la fin du premier quart d'heure. Signe ultime du manque de confiance nantais ces derniers temps : la frappe enveloppée de Da Rocha s'écrase sur le poteau gauche du but marseillais (27e minute).

Ribery et Nasri, les bons génies marseillais

Le réveil marseillais sonne à la 28e minute. C'est le moment que choisit Franck Ribéry pour appuyer sur l'interrupteur et illuminer le jeu olympien. Après avoir récupéré le ballon au milieu du terrain, éliminé deux adversaires, le milieu de terrain de l'Equipe de France place une frappe en pleine lucarne, qui cloue le "Divin Chauve" au sol. Cette ouverture du score décomplexe les joueurs et le public du Vélodrome. 5 minutes plus tard, c'est Maoulida qui, d'une frappe croisée, oblige Fabien Barthez à la parade. Le public pousse ses protégés mais les Nantais n'abdiquent pas : le jeune Dimitri Payet (20 ans), voit sa reprise de volée passer quelques centimètres au-dessus de la cage de Carasso. Les Nantais plient mais ne rompent pas.
Le coup de massue arrive à la 55ème minute : le jeune prodige, Samir Nasri, mène une contre-attaque sur 80 mètres. Il efface le dernier défenseur dans la surface, avant de décaler Maoulida qui glisse le ballon entre les jambes de Barthez (2-0). A partir de là, les Marseillais "déroulent" face à des Nantais motivés mais complètement désorganisés sur le plan tactique.

Quand la Bonne Mère s'en mèle...

Dans le dernier quart-d'heure, Albert Emon, l'entraineur marseillais fait entrer Djibril Cissé. L'attaquant, sifflé par le public lors de sa dernière apparition, ne va pas tarder à retrouver la confiance qui lui fait défaut devant le but. Sur sa première occasion, il voit sa première frappe repoussée par Barthez. Sans se laisser abattre, il retente sa chance : sa deuxième tentative, détournée par le gardien nantais, termine sa course derrière la ligne de but, malgré un tacle desespéré du dernier défenseur (3-0). Le public exulte : la Bonne-Mère joue, une fois de plus, en leur faveur.

De son côté, le "Divin Chauve" n'a pas pu faire de miracles. Même s'il a su sortir des arrêts de grande classe lorsqu'il a été sollicité, Fabien Barthez n'a rien pu faire face aux traits de génie marseillais. Malgré cela, les Nantais n'ont pas à rougir de leur prestation. Ils ont joué leur chance à fond, mais ont montré leurs limites. Le manque de confiance et la désorganisation tactique ont définitivement enterré "le jeu à la nantaise" des années 90. De bien mauvaise augures avant leur "match de la peur", samedi, au Parc des Princes, face au PSG. Les Canaris ne savent plus à quel saint se vouer